Mon inspiration

 

 

 

J'ai commencé le piano en démontant ce qui est à la portée d'un enfant de 5 ans : dévêtir le bas du piano droit familial et gratter ses cordes ; frapper inconsidérément sur les touches, écouter le vrombissement des cordes graves, se gaver de sons.

Les rues de Paris m'offraient d'autres sources sonores : élevé de plain pied dans une boutique, je repérais les sons des moteurs : Peugeot, Citroën et surtout l'inénarrable Panhard, bruyante boîte à savon.
Puis je remontais à l'appartement réitérer mes explorations dans le salon ; peu à peu  j'avais acquis la certitude que la puissance  des sons et leur hauteur pouvaient modifier l'atmosphère de la pièce.

Après mon improvisation sauvage je me retournais vivement pour surprendre un changement dans les meubles, leur couleur, leur aspect, leur  place!

La nature venait le Dimanche quand mes parents me récupéraient ; promenades dans les bois, les parcs, les fortes odeurs, les lumières âpres et douces.

Les parcs surtout m'ont longtemps laissé une sensation de délice intimement mêlé à une source d'inquiétude. J'avais repéré  l'entrée des parcs franciliens, Marly, Saint Cloud ; ces grandes portes donnaient accès à un monde si différent, étrange, vivant secrètement.

Maintenant mon goût pour la nature est sans mélange, bonheur dont le secret ne m'effraie plus.





 

 
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